En mai :
Déjà un an que, pompée jusqu’à la mœlle par ces années toutes employées à la subsistance d’une association, je perds foi et entrain en même temps que pas mal de terrain contre la jachère (trop de choses à gérer et de problèmes à résoudre dont tout le monde ou presque se contrefout, trop d'efforts pour retenir des compétences dans une structure un rien trop amateuriste, trop de choses qui n’évoluent plus assez vite, et un je ne sais quoi de vox clamentis in deserto qui finit par vous rendre hargneuse) pourtant je me laisse berner par une légère brise d'optimisme et décide que finalement il faut encore tenir bon.
En juin :
Un atroce intermède de lucidité me pousse encore une fois à constater que je ne crois plus en l’équipe, où les compétences se comptent sur les doigts d’une seule main, où les attentes s’expriment en des termes qui ne me plaisent plus guère, et que je suis définitivement harassée par ces 8 années de disponibilité pour la cause et ses détracteurs. Années durant lesquelles j’ai fait 38 000 km d’un bout à l’autre du Massif Central, investi dans l’entreprise le prix d’une voiture neuve, gagné la réputation de la fille la plus flinguée de la planète auprès de mes amis, assumé le boulot de trésorier-secrétaire-permanente et j'en passe, bref, quand de gentils monsieurs à grand renfort de feuilles d'analyses diverses m'ont expliqué que j'avais également commencé à y engager mon propre capital vital, il a bien fallu admettre que la stratégie de la quiche devait cesser. A partir de là un drôle de phénomène s’est produit, une sorte de certitude qui dévale doucement d’un bout de cervelle à l’autre, vient s’écraser vers la gorge et me fait dire : j’arrête.
En juillet :
J’arrête, oui mais comment, j’arrête oui mais quoi ?
Tout ?
Je reprends mon troupeau d’Auvergne ? Je m’enpaysanne ? Ou je me citadinnise et qu’on ne me parle plus ni d’Auvergne ni de chevaux et surtout plus jamais d’association… ?
Impossible de laisser ce trésor de génétique rare, de crins noirs, d’énergique rondeur et de rusticité passer de la main de mes parents à d’autres que les miennes, impossible de fermer les yeux sur le sort de ces équidés que j’ai vu naître, avec lesquels j’ai travaillé des années durant, et donc impossible de les élever sans se soucier de la pérennité de l’association… et ça n’arrange point mes affaires, car il faut bien l'admettre, je n'aime pas faire les choses à moitié, surtout quant il s'agit de se tailler les flûtes.
En août :
Je ne me crucifierais pas pour l’assoc (crucifier une quiche, c’est pas pratique), mais j’espère ardemment que d’autres le feront ; hélas je reconnais dans ceux qui m’ont accompagnés et sont conscients de la difficulté de la tâche la même lassitude que moi, et chez d'autres une absolue et crasse ignorance du boulot à mener. Je laisse une place sur laquelle on s’empresse de capitaliser, mais je ne vois pas d’étoffe, pas de compétences réelles, les nouvelles recrues ou celles de la première heure qui feraient de bons présidents n'ayant a priori aucune envie de s'y coller, quelle misère ma bonne dame.
En septembre :
J’expérimente moi aussi comme quelque part à Lucerne les affres du trou noir.
Une bonne nouvelle à mi-mois : une bonne âme se dévoue pour rafler la première présidence de l'histoire de notre association, pas prévu au programme de certains cette candidature...pour ma part je table sur un bon entrebâillement de solution.
En octobre :
Rââââhhh ! J’le savais… j’le savais j’le savais j’le savais !
J’le savais que moi et ma gueule de demi-quiche on allait regretter nos humbles postures, nos investissement discrets mais conséquents, qu’on allait haïr son prochain juste un peu plus que soi-même, qu’on allait devoir mettre le nez comme dans un bouge infâme sur ce qui anime l’humain.
Je reste néanmois encore un peu dans la place, "responsable du stud-book", mais la tâche sera ardue...
« L’ignorance peut être, ou bien savante, scientifique, ou bien vulgaire. Celui qui voit distinctement les limites de la connaissance, par conséquent le champ de l’ignorance, à partir d’où il commence à s’étendre...est ignorant de façon technique ou savante. Au contraire, celui qui est ignorant sans apercevoir les raisons des limites de l’ignorance et sans s’en inquiéter est ignorant de façon non-savante. Un tel homme ne sait même pas qu’il ne sait rien. Car il est impossible d’avoir la représentation de son ignorance autrement que par la science ; tout comme un aveugle ne peut se représenter l’obscurité avant d’avoir recouvré la vue.
Ainsi la connaissance de notre ignorance suppose que nous ayons la science et du même coup rend modeste, alors qu’au contraire s’imaginer savoir gonfle la vanité. »
KANT -Les deux ignorances et la possibilité du vrai
... à moins qu'on organise une lecture collective de Kant à la prochaine AG?
Parce que où va donc échouer la barque si on oublie d'assurer les bases, si on oublie que la barre à franchir à présent c'est celle qui est sensée transformer une structure de passionnés mais non moins amateurs devenue trop fragile en association professionnelle et carrée?
Pour conclure, toujours pressée de me jeter dans la première entreprise foireuse venue, et enfin animée par la nécessité d'agir pour MA pomme, je m’en vas me lancer dans l’agriculture, le froid la faim et la misère, je reprends l’élevage de chevaux d’Auvergne familial!
Qui a dit encore un foutu plan moisi? Retire ça tout de suite!
Je prends!!!!!!! parce que nous, on est toujours pas installer sur un terrain en plus d'un an! rebondissement dans l'installation de Farigoule & cie, on reste au Rouergue pour l'instant (et on a toujours besoin des panneaux!) et la suite, je te la dirais de vive voix au tel. Vive les paysans!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Rédigé par : annabelle & cie | 15 décembre 2008 à 20:14
Bon ben faut pas être pressé hein si je comprends bien...z'avez encore eu affaire à des pénibles?
Du coup, les panneaux, faut que tu me détailles un peu la commande, rapport aux flèches (à droite, à gauche), aux km etc...
En tout cas bon courage te grosse bises à vous tous!
Rédigé par : muriel | 22 décembre 2008 à 10:36
Mince mais ça bouge dans ce blog. Et moi qui viens de poster un commentaire suite à ton précédent message... bon j'va devoir lire tout ton blah blah. Scuse, j'ai une couche sur le feu.
Rédigé par : ivan | 30 décembre 2008 à 13:50
Je n'en puis plus, dis nous en plus !! Ton recit s'arrête à octobre. Serais-tu congelée (en un mot) dans le froid avergnat (pléonasme), une stalactite pendant d'un nez rougeot digne des grands clowns russes ? Le trou noir de Lucerne a t'il foutu plus de bordel que ça et absorbé le massif central ? La catharsis par l'émancipation agricole... De ma contrée bétonneuse, l'aventure de la desperate horsewife s'annonce digne de mes feu soirées télés (avant que je ne me mette moi même à l'élevage des crapaux).
Rédigé par : ivan | 02 janvier 2009 à 22:18
Bon, tout d'abord, sache, Ivan, que je suis un peu déçue : tu n'as même pas coupé le cordon ombilical avec les dents? (et enterré le plasma? tu y as pensé au moins?)
Ca réduit légèrement ton aura de guerrier des steppes toulousaines.
Quant à la suite de mon récit... ben plus qu'une émancipation c'est une dramatique identification qui se trame, et donc, depuis que je planche sur ma future vie de paysanne de drôles de phénomènes se produisent:
- je me jette sur les magazines agricoles et regarde avidement les promotions sur les distributeurs à foin, les petites annonces de tracteurs, vérifie le cours de l'orge...
- je ne jette plus un oeil sur les nouveaux cosmétiques depuis que je vais moi-même abattre des phoques pour en extraire la graisse dont je m'enduis le corps pour me protéger du froid
- je me contrefous de la nouvelle collection jeans de chez guess mais compulse fébrilement "Sanglier Magazine" et "Bucheron Hebdo" pour voir les prix des chaussettes en poils de boeufs musqués, des chaussures résistant à l'eau, au froid, au gel, à la boue, au gasoil et à la merde de chevals, et les larmes me viennent à la vue de ces fabuleux pantalons de travail multi-poches, indéchirables et doublés de fourure de mamouth avec renfort aux genoux et aux fesses...
J'ai peur...
Rédigé par : muriel | 09 janvier 2009 à 00:17
En janvier: p'tain, pour quoi tu te fais encore ch' avec l'assoc. Moi, je lâche du mou, et franchement mieux vaut courir les bois dans le froid de l'hérault plutôt que donner du grain à moudre aux blaireaux...dicton du jour!
et bonne année avec plus de chevaux d'Auvergne et moins d'association!
Rédigé par : eve | 09 janvier 2009 à 16:25
Oui bon, t'as raison Eve, mais j'ai du mal à faire le deuil de l'embryon de sérieux qu'on a tâché de faire pousser. Plus de sélection sur les modèles présentés sur les actions de promotion de la race, merde, t'imagine le tableau? Le recul, l'effet vis à vis du milieu professionnel? Comment c'est possible de pas piger que c'est le B-A BA? Comment donc se fait-il qu'on en revienne là?
Et alors comme me dit ma copine Sabine, si je veux présenter mon cochon d'Inde, c'est permis?
Moi le souci c'est que j'aurais bien aimé profiter un peu de l'effet du boulot mené pour développer mon élevage et vendre mes poulains correctement avant que tout se pète la gueule, mais bon...va falloir recentrer les actions sur le local hein, je vais créer ma race : le Montagnol du Haut-Languedoc!
T'adhères à mon assoc?
Rédigé par : muriel | 10 janvier 2009 à 00:50
Haaa... Sanglier Magazine et ses vestes kakis avec les poches ventrales pour mettre le sauciflard à l'ail... Moi ça m'explose la libido c'est trucs là, une paire de bottes marrons Aigle et je suis en sueur.
Pour tes histoires, j'y pige finalement que tchi. Tu pars, tu restes, tu regrettes, tu regrettes pas, t'as les boules, t'es contente. Reste que plus ça va et plus je vois une alternative, faiblement lucrative voire pas lucrative du tout, à tes inceritudes... écris un bouquin ! Ca porterait sur les déboires d'une jeune (slurp slurp) agricul-trice, dans un style tragi-comique, surtout comique, exactement comme le ton de tes messages, mais avec au passage une peinture un peu acérée du monde rural. Le genre de bouquin de 200 pages, qui parait chez seuil et qui remporte le prix Femina. Entre 2 surfs sur rotabator.fr bien sûr. Allez au taf ma vieille.
Rédigé par : ivan | 15 janvier 2009 à 16:12
- Allo ?
- Oui ?
- Heu... bonsoir, je téléphone pour commander 2 pizzas. Une régina et une forestière.
- Quelle taille ?
- Heu... grandes.
- C'est noté. A quel nom ?
- Ivan
- OK. Disons dans 20minutes ?
- Très bien. A toute à l'heure.
- Au revoir.
Rédigé par : ivan | 28 janvier 2009 à 11:57
Ah ben désolé nous n'avons plus de lardons, je vous mets du salsifi à la place?
Puis pour la livraison nous avons un problème, le livreur est coincé sous un arbre, comme la ligne de téléphone d'ailleurs que nous avons fini par retrouver et rafistoler aujourd'hui après que TOUS les résineux du secteur lui soient tombés sur le rable.
Alors le haut-languedoc, c'est déjà sport, mais à la bougie et sans téléphone, ni fixe ni portable, et donc sans internet ben c'est koh lanta (à part les 20 000 euros à la fin).
Sinon pour la question précédente, ben l'idée, c'était d'arrêter petit à petit, en comptant que la structure avance son petit bonhomme de chemin, mais la structure a d'autres ambitions, disons qu'elle aimerait bien me lourder plus vite, rapport au fait qu'il y a un petit hiatus au niveau des méthodes et des orientations à adopter pour la sauvegarde de la race.
Donc, si pas de compromis possible, chacun récupère ses affaires pour tailler la route de son côté, plus sereinement d'ailleurs.
Rédigé par : muriel | 28 janvier 2009 à 20:42
Je vois... en somme tu travailles comme une bête, et à la fin c'est bête mais malgré la somme de ton travail on te somme de quitter tes bêtes.
Oui, bon, je sais... mais je t'assure je suis à fond...
Rédigé par : ivan | 03 février 2009 à 10:03
LIEN/ www.chevaldauvergne.skyrock.com
pas de blabla!
Rédigé par : laety | 17 février 2009 à 13:28
Siiii, y'en a bien du blabla, en particulier le texte sur l'historique de la race que j'ai rédigé pour le site "officiel" du cheval d'Auvergne, en bonne blablateuse que je suis.
Rédigé par : muriel | 17 février 2009 à 23:02
Alors pour répondre au message du 9 janvier ...mais bien sûr que j'adhère à ton assoc!! Et plutôt 2 fois qu'une! Bon pour info je viens de recevoir ma carte d'adhérent 2009 par courrier...l'Ag n'étant que dans 15 jours je suppose que j'aurais aussi pu la récupérer à ce moment là...Doit y avoir des sous mais on ne le sait pas! Argh!
Bon le printemps dans les montagnes héraultaises c'est bien non? parce qu'après le neige, la tempête, la neige....euh..la tempête encore? Bref, un peu de soleil pour réchauffer le moral c'est pas mal non?
biz
Rédigé par : Eve | 14 mars 2009 à 21:30
On est parfois surpris de retrouver sur Internet des preuves que les années passent largement trop vite sans vraiment en avoir la perception : par exemple, ce blog drôle et passionnant, d'un retour à la terre acharné pour la survie d'une race de cheval oublié ... ça force l'admiration (si, si ...)
(j'ai même regardé la prestation télévisuelle)
Dommage si tout ça s'arrête ...
Mais à sa lecture, je suis revenu 16, 17 (pfff... 18 ?) ans en arrière !
Est-ce bien la Muriel qui dessinait des chevaux pendant les cours d'allemand en seconde ? N'aurait-elle pas fréquentée un lycée à la gloire d'un maréchal d'Empire ? Que de chemin parcouru jusqu'en Auvergne (bigre, ça à l'air plus rude que la Montagne Noire) !
Je crois même reconnaître les interventions d'un certain Ivan avec qui j'ai un peu continué dans les études scientifiques (même si je ne suis quand même pas allé me fourrer dans les plasmas)
Rédigé par : philippe | 17 mars 2009 à 18:36
Ben ça alors! Oui ça m'a bien l'air d'être moi, et je dirais même que ça doit plutôt faire 19 ans (et ouiiiii!)que je gribouillais au lieu de tâcher de comprendre à quoi servait ce foutu datif dans les déclinaisons allemandes. J'aurais du écouter les conseils de mes aieux, bien travailler en classe, ça m'aurait peut-être évité bien des déconvenues auvergnates.
Et d'ailleurs mes neurones ont du viellir plus vite que les tiens, après taaaaannnnt d'années, j'ai du mal à me souvenir de plus de trois noms de mes anciens camarades de classes, on était dans la même seconde?
Rédigé par : muriel | 19 mars 2009 à 17:50
Oui, je crois que c'était la seconde, car après j'ai continué vers les sciences plus dures (S, C ? ça grille aussi dans ma tête, je n'ai plus le souvenir des sigles de l'époque) et toi tu as continué en lettres ?
Moi non plus je n'écoutais pas trop pendant les cours de Mr Cauquil même si il cherchait avec ténacité à me faire participer au conversations (c'était son truc, pas le genre à laisser les cancres roupiller au fond, fallait parler ...). Je suis aussi puni de ne pas avoir travaillé, je pars à Berlin dimanche, et il ne me reste rien, pas un mot, des cinq années d'allemand à apprendre les verbes irréguliers, la honte ...
Je me souviens des stars comme Sir Lamandin, toujours la classe britannique avec sa petite moustache major, et de la prof d'anglais qui fumait plus de pétards que ses élèves avant d'arriver en cours.
Mais le pire, c'était le prof de math (là c'est malin, je ne me rappelle plus de son nom !), qui m'avait dit un jour : Mr Mader vous n'avez pas un esprit scientifique, vaudrait mieux vous orienter vers autre chose, ça ne vous réussira pas. En fait il devait avoir raison, c'est pour ça que j'ai continué dans les mathématiques faut être un peu fada pour aimer ça.
Rédigé par : philippe | 19 mars 2009 à 23:33
Ayé! Remis! Avec le nom entier c'était plus facile, du coup je me souviens de tout un tas d'autres personnes (il y avait aussi une autre Muriel d'ailleurs), marrant ça (et du coup, je suis encore plus sûre d'être de plus en plus vielle).
Héhé, je me souviens très bien de Lamandin, et la prof d'anglais, je crois qu'elle s'appelait Barrère, ou Parrère (non Parrère c'était celle que j'ai eu ensuite, qui était en dépression je crois...), avec le recul, les pétards expliquent en effet certaines incongruités.
Le prof de maths : Sarraco non?
Oui, j'ai continué en lettres, un bac raté (mauvaise interprétation du terme "effort"), un second obtenu pas loin du golfe de Guinée, puis psycho à Toulouse jusqu'à ce que mort de l'espoir de boucler un mémoire de maîtrise s'en suive...
Et les maths, tu en fais quoi?
Rédigé par : muriel | 20 mars 2009 à 22:38
Ben maintenant plus grand chose, à part pour aller briller dans les dîners en ville ...
Le bac en poche, je suis parti en prépa à Bellevue, passer la pire année de ma vie avec des fils et filles à papa, à être gavé d'intégrales, d'axiomes et théorèmes comme un canard gras.
J'ai ensuite traversé la route de Narbonne pour rejoindre l'UPS où j'y suis resté jusqu'au terminus (docteur, c'était un titre que je trouvait déjà sympa, alors "en mathématiques" !)
J'aimais bien les maths, mais le risque de terminer prof était trop grand. Je sentais confusément que ça finirait mal, avec pantalon en velours côtelé, veste à carreaux et collier de barbe à ruminer les mêmes équations pour des cohortes d'étudiants toujours plus nombreuses ... je suis donc passé du côté obscur, dans l'industrie, où je participe maintenant activement à la formidable et passionnante aventure de la conquête spatiale.
En fait ... on travaille plus à envoyer des trucs comme des relais télé dans la proche banlieue terrestre, sur le périf géostationnaire déjà bien embouteillé. Grâce à mon fabuleux travail, je contribue à la diffusion "all over ze world" de cuisine TV en serbo-croate et de la chaîne porno Kirghize. Mais ça m'a permis de rester sur Toulouse et en dehors de ça, j'ai quand même plein de vacances et je peux en profiter pleinement.
Je crois bien que c'était Parraire (enfin moi je l'écrirais comme ça, mais j' sais plus trop ...), qui nous avait traumatisé en voulant nous faire chanter du Johnny Clegg en cours ...
Sarraco ? non Barthélémy (c'est marrant, petit à petit ça reviens !). Sarraco, il m'aimait bien, j'étais pote avec plusieurs de ses filles (sur les 7, je sais plus lesquelles). Barthélémy, c'était le barbu, fan de planche à voile qui pouvait passer des heures à parler glisse avec Gilles.
J'avais entendu à l'époque que tu étais partie en Afrique, c'était pour repasser ton bac ? et passer de psycho aux chevaux, j'imagine qu'il y a eu quelques revirements ...
Rédigé par : philippe | 21 mars 2009 à 18:51
Alors j'ai été en Afrique repasser mon bac parce que l'année où j'ai loupé le premier (juste au sortir de la Préhistoire), mes parents s'étaient délocalisés là bas pour le boulot de mon père, ils ont donc jugé opportun de m'y délocaliser aussi, au cas où ça me donnerait envie de me pencher sur le programme de terminale... Ils ont bien fait, au lycée international d'Abidjan où j'ai échoué, c'était uniforme obligatoire, en rang par deux avant d'entrer en cours, on se lève quand la dirlo fait irruption dans la salle de classe etc... j'ai tellement aimé l'expérience, et j'avais tellement rien d'autre à foutre (à part essayer de supporter le climat chauuuuud et humiiiide), et j'avais tellement hâte de retrouver mes vieux jeans informes que j'ai expédié l'affaire. J'ai même eu une note en maths que Mr Barrau (ben ça alors, comme ça revient), mon prof de terminale à Mazamet, n'aurait jamais cru envisageable...
Quant aux chevaux, j'étais tombée dans la marmite toute petite, j'ai même essayé de méler ça à la Psycho, en tentant vainement une carrière d'équithérapeute, mais à l'époque la filière était pas aussi au point qu'aujourd'hui, j'ai lâché l'affaire après avoir fait des stages pourtant passionnants.
Pour me lancer tête baissée dans une entreprise encore plus hasardeuse : la sauvegarde du cheval d'Auvergne.
Avec le recul j'aurais mieux fait de chercher un truc qui permet plutôt de se nourir, se loger et s'entretenir la cervelle correctement, mais bon, j'aurais appris des petits trucs quand même, sur la nature humaine et sur la mienne, et même si j'y ai mis un foutu temps j'ai fini par piger que le seul patron que je puisse supporter, ben c'est moi!
Alors je passe à un volet plus pratique de la sauvegarde de la race : l'élevage, et la reprise du plus vieux troupeau d'Auvergne (et le meilleur,héhé), et qu'on me parle plus jamais d'associatiooooooon!
Je me rappelle très bien maintenant de l'épisode Jonny Clegg, parler c'était déjà pas mon fort, parler anglais c'était une autre paire de manches, alors chanter du Jonny Clegg... expérience traumatique de niveau 7 sur mon échelle personnelle...
Rédigé par : muriel | 25 mars 2009 à 19:52
Ton lycée à Abdijan me rappelle ma courte expérience dans la glorieuse armée française chez les régiments de chasseurs alpins où j'ai pu apprécier la même rigueur et exigence qui forme les fortes têtes (heureusement pour moi ce cauchemar alpin n'a duré que 2 semaines). Pour moi, l'expérience du garde-à-vous habillé en kaki à 5 heures du matin a été au moins de niveau 9 ...
Tu aurais préféré trouver un boulot plus alimentaire ? Enfin, c'est pas si mal les chevaux d'Auvergne, au moins tu as droit au grand air et pas aux pots d'échappements toulousains, au sentiment de travailler pour un truc bien (oui ? je suis peut-être un peu utopiste là ...). Je reconnais que bosser pour une association demande plus que de la persévérance, j'ai une expérience indirecte sur le sujet, de la différence enoôrme de motivation entre les personnes et du compromis entre amateurisme et professionnalisme, très souvent difficile à trouver. Mais si maintenant tu es à ton compte, au moins tu n'auras plus ce genre de tracas (Tiens je repense à une phrase de Pierre Dac : "Celui qui, dans la vie, est parti de zéro pour n'arriver à rien n'a de merci à dire à personne.", j'espère que ça ne s'appliquera jamais dans ton cas !).
En tout cas ravi de pouvoir (enfin !) papoter avec toi, je n'ai pas beaucoup gardé de contacts avec d'anciens du lycée, même si je revoie pour mon pèlerinage annuel à Noël à Mazamet, quelque têtes (toujours les mêmes, et de moins en moins nombreuses).
Je confirme : les quelques restes de langue teutonne ne me sont plus d'aucune utilité maintenant, j'ai beau passer pour un autochtone en Germanie du Nord, les cours d'Alquier ont disparu de mon petit cerveau.
Allez, zou ! moi je pars en vacances, là où il fait chaud et humide, faut dire que je suis prêt à tout supporter sauf le froid et les restes d'hiver (il neigeait encore à Berlin, comment peut on supporter un tel climat ...)
Rédigé par : philippe | 04 avril 2009 à 18:24
Le Mader... ben mince alors... ça doit bien faire 15 ans qu'on ne s'est pas vu. Je fréquente quelques anciens Mazamouthéens de mon coté : David Gomez, son frère Richard (toutes les semaine on se voit pour faire de la musique) et Frédérique Lafforgue. Pour le reste, c'est silence radio. J'ai eu des nouvelles de marlène De Haro via Copains d'avants, prof de lettres, 3 gosses.
Bon Mumu, cette installation, elle prend forme ?
Ivan
Rédigé par : ivan | 06 avril 2009 à 11:51
Eh oui Ivan, ca fait loin tout ca (desole, mon clavier n'a ni accents ni cedilles, je suis sur une vieille becane dans le Tonkin).
Moi je revois toujours Cyrille (un peu) qui est a Paris, Nicolas (beaucoup) qui est a Mazamet. J'ai meme revu Pierre Catala, il y a quelques mois, marrant ca, il a pas change.
Rédigé par : philippe | 14 avril 2009 à 11:56
Non non je suis pas morte... à venir : le retour vaillant contre la mort du blog, avec de l'action, du frisson, du suspens, du sexe... mais resteeeeez!
Bon, l'installation elle prend forme oui oui, une forme de quoi? Je sais pas...
Mais je rajoute dans le plat des jolis petits gîtes en rondins (ou en paille, ça dépendra des finances), fort bucoliques, et un tarif très avantageux pour tous les anciens Mazamouthéens. Caribou roti offert pour toute réservation ferme!
Rédigé par : muriel | 21 avril 2009 à 22:00
Wouaaiiiiiiiiii du caribouuuuuuuuuuuuuuuuuuu!!!!
Je réserve alors, et je livre des fromages de chèvres cornues jusqu'au ciel au bon lait parfumé à la fleur de thym!
Rédigé par : annabelle & cie | 30 avril 2009 à 12:15